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Espaces de travail

Espaces de travail
Le centre de création des Tanneurs (Liège)

Pour élargir la nature des services proposés par SMart aux professionnels des métiers de la création, le Centre de création des Tanneurs a été imaginé pour offrir un pôle de travail et de rencontres en région liégeoise.

Marc Moura et Maxime Dechesne, responsables du projet, s’exprimaient au moment de l’ouverture sur les raisons de ce projet:

tanneursSMart Liège vient d’acquérir une grande maison au Quai des Tanneurs dans laquelle l’équipe occupait déjà le 1er étage. Pourquoi en devenir propriétaire?

Max: C’est une opportunité qui s’est présentée et qui permettait, d’une part, à notre équipe de continuer à occuper des locaux remis à neuf; et d’autre part, de matérialiser une de nos missions qui est le soutien actif au développement du secteur artistique par la mise à disposition de locaux.

Etre propriétaire n’est pas un but en soi. Nous souhaitons  investir pour rendre des services au plus grand nombre d’artistes et d’intermittents, pas pour développer un patrimoine immobilier. D’ailleurs, nous comptons également exploiter d’autres pistes pour multiplier les lieux de création en ayant recours, par exemple, aux synergies avec les pouvoirs publics: via des investissements conjoints dans d’autres centres de création ou via des baux de rénovation. C’est l’exemple de la Brasserie à Liège.  SMart n’est pas propriétaire du lieu mais bénéficie de l’usufruit pendant 15 ans et s’engage en contrepartie à remettre l’endroit en état pour proposer les espaces aux créateurs.

L’idée ne vient-elle pas du constat récurrent d’un déficit criant de locaux de travail pour les artistes?

Marc: A la base, nous constatons un vrai besoin. Celui, pour bon nombre d’artistes, de trouver des locaux de création, de répétition, des locaux de travail aménagés, à des prix acceptables pour ne plus se retrouver dans des greniers ou des caves…. Un déficit flagrant auquel les pouvoirs publics devraient donner des réponses car in fine il s’agit de la création d’emplois dans le secteur culturel.

Ce centre de création SMart, est une illustration concrète de mutualisation. Peux-tu nous expliquer simplement ce principe et pourquoi y recourir?

Marc: Ce système permet, par le biais d’économies d’échelle, d’offrir des services gratuits ou à tarifs avantageux. Aujourd’hui, la mutualisation apparaît de plus en plus comme une solution au développement d’activités dans le secteur culturel et artistique. Contrairement à l’économie «classique» dans laquelle ce principe sert avant tout à réduire les coûts pour générer de plus grands profits, dans le champ culturel c’est surtout un moyen de partager des ressources financières, humaines, logistiques et matérielles. La mutualisation réinterroge la relation entre le secteur artistique et l’économie; l’acte de création est  le cœur du secteur culturel et sa relation avec l’argent n’est pas simple. On sait aujourd’hui qu’il existe une très grande diversité d’initiatives culturelles (de structures, de projets, de secteurs d’intervention et de dispositifs mis en œuvre), mais aussi une grande faiblesse liée à leur très petite taille rendant difficile, voire impossible la représentativité et la défense sectorielle, une trop rare mutualisation de services communs d’achat de matériel, de locaux, ou encore de gestion administrative et comptable… La mutualisation souligne avec force que, par la dynamique qu’il insuffle, le secteur culturel est un secteur au poids économique non négligeable.

Que vont trouver concrètement les artistes locataires au centre de création SMart à Liège?

Max: D’abord, ils auront un bel espace de travail car cette maison, anciennement bureau d’assurances, a subi un profond lifting pour être transformée en un véritable centre de production artistique de 500 m2 répartis sur une quinzaine d’espaces, avec une capacité d’accueil de 50 personnes. Nous mettons à leur disposition:

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  • des bureaux à usage privatif avec des contrats d’occupation à l’année. Ces bureaux offriront une série de services adaptés (adsl, ligne téléphonique, sûreté du bâtiment, photocopieuses) à des prix abordables. 10 € du m2 pour l’espace et 16 € par poste de travail/équivalent temps plein pour l’utilisation des services/mois. (A comparaison égale, ces prix sont environ la moitié du prix du marché liégeois.)
  • des espaces communs. Une cuisine équipée avec boissons à disposition, une salle de réunion équipée, un espace d’affichage. Dans l’esprit de stimuler la rencontre et la convivialité.

Nous nous adressons prioritairement à des artistes ou intermittents en voie de professionnalisation.
Pas nécessairement membres de SMart, d’ailleurs. Notre volonté est avant tout d’améliorer les conditions de travail au sein des différents secteurs artistiques. Ce  projet semble répondre à un véritable besoin puisqu‘il ne reste que deux bureaux de 60 m2 à louer.

Quels sont les «plus» pour les artistes?

Max: Nous pensons que les avantages pour les artistes sont très nombreux. Le premier est, en sortant de son domicile, de séparer clairement le temps professionnel et le temps personnel.

Le deuxième est de partager une «vie collective» qui permet une identification collective (tiens, d’autres vivent la même chose, ils/elles partagent les mêmes expériences de vie…).

Un autre avantage est de favoriser l’émergence naturelle des synergies créées par les rencontres interdisciplinaires ou dans la même discipline (exemple des 2 graphistes qui ont un bureau côte à côte et qui ont opté d’emblée pour la non-concurrence mais la complémentarité).

Sans oublier l’échange de matériel entre occupants et le fait que les artistes pourront bénéficier d’une visibilité accrue, car le centre de création SMart va générer beaucoup de passages et les occupants seront fréquemment cités lorsque nous communiquerons sur cette initiative.

D’autres projets à venir?

Marc: Le centre de création SMart à Liège est un projet pilote, un laboratoire qui nous permettra de confronter nos idées à la réalité. Ensuite, l’idée serait de tendre vers des modèles plus grands où l’ensemble des métiers artistiques seraient intégrés. Il serait proposé des services tels des restaurants, des salles de détente, mais aussi des espaces pour mettre sur pied des manifestations culturelles comme des expositions… sur le même principe de mise en commun.

– Propos recueillis par Cathy Simon en 2010.

Plus d’infos sur le site du centre de création des Tanneurs.