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Repenser la sécurité sociale

Une étude de Jef Van Langendonck

Nous sommes tous confrontés à la sécurité sociale. Elle vient à notre secours en cas de perte de salaire (pour cause de maladie, accident, vieillesse, chômage) et nous aide à supporter les soins médicaux ou les charges familiales. Elle est basée sur la solidarité entre ceux qui ont du travail et ceux qui n’en ont pas, ceux qui sont en bonne santé et ceux qui ne le sont pas… C’est un acquis précieux.
La sécurité sociale est née au milieu du XIXe siècle, à l’époque de la première révolution industrielle et de l’essor du capitalisme. Les mesures de politique sociale ont été élaborées d’abord à l’intention de la classe ouvrière, « classe qui, non seulement était censée être la plus pauvre, mais qui était certainement la plus dangereuse pour l’ordre social », « écrit Van Langendonck . La société a beaucoup évolué depuis 150 ans. Les classes sociales d’antan ont disparu et sont désormais remplacées par des classes de revenus, composées de salariés, d’indépendants, de fonctionnaires, de gens qui travaillent dans des statuts précaires ou dans l’économie dite informelle… sans parler de ceux qui cumulent plusieurs statuts. Bien sûr, la sécurité sociale a également évolué. Se pose néanmoins la question de savoir si le système, qui repose toujours sur une distinction entre les salariés et les autres travailleurs, est suffisamment adapté à notre société contemporaine et s’il n’est pas inutilement complexe.
Professeur émérite de la KUL, où il a dirigé l’institut de Droit social, Jef Van Langendonck est un spécialiste internationalement reconnu en la matière. Il a été Secrétaire général de l‘Institut européen de la Sécurité sociale ; son expertise a été sollicitée par de nombreuses institutions, telles que l‘Organisation internationale du Travail, le Conseil de l‘Europe, la Commission européenne ou encore l’Organisation mondiale de la Santé.
Dans les deux articles rassemblés ici, il revient d’abord sur quelques fondamentaux pour mieux préciser les origines et les contours de ce droit à la sécurité sociale, inclus par les Nations Unies en 1948 dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
Dans un second temps, l’auteur propose de repenser les fondements du système pour arriver à une assurance sociale moderne, qui garantisse à tous une protection équitable, quelle que soit la nature de leur activité (comme salarié ou non) ou la source de leurs soucis (accident de travail, maladie, licenciement…).
Au passage, il s’interroge sur la sécurité sociale des artistes. Sa position en la matière est sans équivoque : « Le droit à la sécurité sociale est un droit pour toute personne humaine comme membre de la société. Il doit être garanti à tous sans exception et sans discrimination. »


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