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Petite(s) histoire(s) des artistes en ville

Une étude de Tatiana Debroux,

A Paris, Londres, New York ou Berlin, certains lieux s’inscrivent dans l’imaginaire collectif en tant que quartiers d’artistes.
Bruxelles n’est pas en reste, comme on le verra dans le dossier qui suit. L’histoire de l’implantation des quartiers d’artistes dans notre capitale est cependant moins connue. Ou plutôt était moins connue jusqu’à ce qu’une géographe de l’ULB, Tatiana Debroux, y consacre en 2012 sa thèse de doctorat, Des artistes en ville. Géographie rétrospective des plasticiens à Bruxelles (1833-2008).
« Que peut-on découvrir en prenant les concentrations artistiques comme objet d’étude, et l’espace comme angle de vue ? A la rencontre de la géographie, de la sociologie et de l’histoire urbaine, cette perspective d’analyse nous informe non seulement sur les relations des artistes à la ville à travers le temps, mais aussi sur les transformations contemporaines de l’espace urbain et leurs enjeux. »
On appréciera la richesse d’une telle approche en lisant les deux articles rassemblés ici. Le premier adopte une perspective historique pour retracer à grands traits l’évolution des quartiers d’artistes à Bruxelles depuis le début du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Le second développe une réflexion sur les impacts territoriaux engendrés par les infrastructures culturelles. Tatiana Debroux y évoque notamment deux projets d’aménagements à Molenbeek, aux abords du Canal : la création d’une cité d’artistes et l’implantation d’un futur et hypothétique musée d’art moderne. Entretemps, la localisation prévue pour cette nouvelle institution a changé. Le futur musée devrait en effet s’installer dans un emblématique édifice moderniste du bord du canal, l’ancien garage Citroën, acquis en 2015 par la Région bruxelloise. Même si cette implantation ne correspond plus à celle qui est commentée, les enjeux restent néanmoins très proches, hormis le fait, note Tatiana Debroux, que le tissu résidentiel est moins dense près du garage Citroën.
SMart s’est lui aussi installé récemment à Molenbeek, dans cette portion de la commune qui, comme le rappelle l’auteur, concentre « de nombreuses caractéristiques symptomatiques des espaces défavorisés de la capitale, alliant forte densité de population, grand nombre de personnes d’origine ou de nationalité étrangère, revenu moyen bien inférieur à la moyenne régionale, faible niveau de formation et taux élevé de chômage (notamment parmi les jeunes, proportionnellement nombreux) ». L’espace LaVallée a en effet ouvert ses portes en septembre 2014 dans une ancienne blanchisserie de 56.000 m² située à deux pas du canal.
Soudain passé sous les feux des projecteurs, fin 2015, à la suite d’une actualité tragique, Molenbeek a été stigmatisé comme un nid de terroristes. Dans un tel contexte, il importe d’autant plus d’interroger le rôle que peuvent jouer les artistes et les acteurs culturels au sein d’une communauté.


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