Candidat·e pour le Conseil d'Administration SmartCoop

Luis Pôlet
Homme
Catégorie A : Entrepreneur·se salarié·e
Bruxelles

Avez-vous déjà été engagé·e au sein de Smart (CA, Comité d’éthique, Smart in Progress, autres) ou avez-vous de l'expérience dans d'autre·s coopérative·s ?

Je termine mon premier mandat de quatre ans comme administrateur de catégorie A au sein de Smart. Je suis membre et sociétaire de Smart depuis plus de quinze ans, ce qui me donne une expérience longue et concrète de la coopérative, à la fois dans son usage quotidien et dans ses enjeux plus structurels. Dans le cadre de mon mandat, j’ai également pu mieux connaître d’autres facettes de Smart, parfois moins visibles pour les membres: les finances, les ressources humaines, les équipes informatiques, l’équipe administrative, la délégation du personnel et bien d’autres dimensions du fonctionnement interne.

En dehors de Smart, j’ai participé à de nombreuses formes d’organisation collective: groupes d’artistes, créations collectives, parcours d’artistes, associations syndicales, squats et occupations temporaires, gestion d’ateliers d’artistes, associations de quartier, brocantes, mobilisations autour du patrimoine et projets culturels ou citoyens. Ces expériences m’ont appris que la coopération se travaille dans la durée, dans les désaccords, les usages concrets, les contraintes matérielles et la capacité à construire des cadres communs sans effacer les singularités.

Mon engagement au sein de Smart s’inscrit dans cette continuité: défendre un outil collectif capable de soutenir des parcours professionnels autonomes, tout en restant attentif à la réalité vécue par ses membres.

Votre métier, votre activité :

Je suis artiste plasticien, en unité de production au sein de Smart, et je développe depuis plusieurs années une pratique artistique indépendante autour de la peinture, de l’image, de l’installation et des formes de présentation du travail artistique. Mon activité se déploie à la fois en atelier, en galerie d’art, dans l’espace public et dans des projets de street art, avec des collaborations variées: collectives, institutionnelles, associatives ou plus expérimentales.

Cette position me donne une expérience directe des enjeux vécus par de nombreux membres de Smart: construire une activité dans un cadre incertain, composer avec des temporalités irrégulières, défendre une pratique exigeante tout en devant maîtriser les dimensions administratives, économiques et collectives de son métier.

Je siège également au conseil d’administration de Smart depuis quatre ans. Ce premier mandat m’a permis de mieux comprendre la complexité du modèle Smart, ses forces, ses tensions, ses responsabilités et son rôle spécifique dans l’écosystème du travail autonome, artistique, culturel et coopératif.

Que pouvez-vous apporter au projet Smart ? Quelles sont les compétences et expériences que vous souhaitez apporter au sein du conseil d’administration ?

Ma principale compétence vient des quatre années passées au sein du conseil d’administration où j’ai découvert et appris l’ampleur, la richesse et la complexité de l’univers Smart. J’y ai acquis une vision d’ensemble: celle d’un administrateur attentif aux grandes orientations stratégiques et aux enjeux économiques concrets, mais aussi celle d’un membre confronté aux réalités quotidiennes, aux solutions construites avec son ou sa conseiller·ère, à l’interface utilisateur·rice, aux multiples possibilités offertes par l’activité, ainsi qu’aux problèmes très concrets, parfois particulièrement frustrants, que beaucoup de membres rencontrent.

Je suis professionnel du monde des arts, principalement de la peinture, et je passe la plupart de mon temps à penser avec mes mains, loin d’un rapport uniquement bureaucratique ou hiérarchisé au travail. Cette manière de faire, d’expérimenter, de bricoler, d’ajuster et de produire du sens à partir du réel est une richesse tangible de nombreux membres de Smart que je souhaite continuer à porter au CA.

Mon apport majeur est donc cette capacité à articuler la réalité de terrain du membre avec une compréhension plus globale des enjeux de la coopérative.

Pourquoi vous présentez-vous au Conseil d’Administration ?

Je me présente pour un second mandat pour des raisons simples et concrètes. J’ai participé au choix de la nouvelle direction et à l’arrivée de Sylvie Marique. Je souhaite aujourd’hui accompagner au mieux ses premières années, tout en contribuant à ce que le CA joue pleinement son rôle: soutien stratégique, vigilance, questionnement, arbitrage et garantie démocratique.

Le conseil se renouvelle fortement. Il y a eu plusieurs démissions cette année et peu d’administrateur·rices de catégorie A disposent aujourd’hui d’une expérience longue et d’une connaissance d’ensemble de Smart. Il me semble important de transmettre ce que j’ai appris pendant ces quatre années au futur CA.

J’apporte une vision à la croisée de plusieurs expériences: membre, administrateur, artiste, mais aussi une compréhension progressive du fonctionnement interne de Smart, acquise sur quinze ans et dans le cadre de mon mandat. Cette conjonction est rare au sein du conseil d’administration.

J’ai également participé au groupe de travail sur la nouvelle stratégie 2030. Il me semble cohérent de poursuivre un mandat pour en suivre la mise en œuvre. Je souhaite aussi contribuer au renforcement du dialogue social coopératif, afin de renforcer la protection des travailleur·euses, tant des membres que de l’équipe support.

Enfin, les questions de gouvernance du CA doivent encore être travaillées: formation, animation, accompagnement des administrateur·rices, transmission et mise en place d’une nouvelle présidence.

Comment voyez-vous Smart dans le futur ? Quelle est votre vision à terme du projet ?

Ayant participé au groupe de travail consacré à la stratégie 2030, je souhaite m’inscrire dans la continuité de la vision formulée collectivement: « En 2030, dans un monde du travail incertain et fragmenté, Smart est un modèle mutualiste de référence, une entreprise à visage humain portée par une force collective robuste et rayonnante. Elle donne à chacun·e les moyens de construire une réussite économique durable, avec une protection solide et une expérience plus simple. »

Cette phrase résume pour moi l’enjeu central des prochaines années: renforcer Smart comme outil concret, protecteur, lisible et démocratique, sans perdre ce qui fait sa singularité coopérative.


 
 
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