Qui est Jean Battistoni ?

photo JeanB
JeanJean (c’est son surnom) est éclairagiste (ou light designer, c’est selon) et régisseur général. Il a 37 ans, vit à Liège et pratique son métier avec passion depuis l’âge de 14 ans !

En quoi consiste ton métier ?

Il y a d’une part  la régie générale (le montage, le câblage, la réalisation des plans de salle et de scène, tout ce qui est en amont), et d’autre part le boulot d’éclairage proprement dit. Je rencontre les artistes et les sociétés qui fournissent le matériel, je conçois le plan d’éclairage en fonction des demandes des artistes, et je mets tout en œuvre pour la réalisation : engagement des gens qu’il faut, montage, programmation de la console et presta en live. Je fais tout à chaque fois.

Je tourne avec des groupes, je bosse pour des salles (le Reflektor, le Manège de la Caserne Fonck), pour des festivals, parfois pour d’autres évènements (opéra, théâtre, émissions télé), je suis partout !

Quelles qualités et compétences pour faire ce boulot ?

De la sensibilité artistique pour comprendre ce que l’artiste veut exprimer et le traduire en lumière. Etre hyper patient et ne pas compter ses heures…

Et aussi quelques compétences techniques : maîtriser tous les modèles de consoles d’éclairage, avoir des bases en électricité, en électronique ;  pouvoir travailler sur les programmes informatiques de design 3D.

L’été , un moment particulier dans l’année ?

C’est super chaud !

Il y a tous les festivals et j’en fais beaucoup : Couleur Café, les Ardentes, les Francos de Spa, Ronquières, sur un mois non stop. Mais c’est  gai, tu rencontres plein de monde, tu découvres des artistes, des équipes, je prends mon pied ! J’aime beaucoup l’ambiance, cette synergie, le partage d’infos, de pratiques…  Avec les autres techniciens, on se connaît tous, on est devenus copains, à force !

Un très bon et un très mauvais souvenirs ?

Y’en a surtout un bon qui me vient en tête : on est allés faire un opéra à Chypre (Carmen, de Bizet). On jouait dans un port, devant un château entouré d’une douve : pendant 15 jours, on a monté une scène et tiré des câbles sous le soleil, en partie dans l’eau, avec des rochers… c’était fou. On était partis d’ici avec tout le matos dans 3 semi-remorques, c’était une vraie épopée !

A l’inverse, je me souviens d’un démontage dans un ancien charbonnage à Beringen, l’enfer : il pleuvait des cordes ; tout était sous eau, les projos, les câbles, y’avait plein de boue, on était trempés, il faisait caillant. Les semi-remorques se sont embourbés ; on a passé une nuit à démonter, puis une journée à désembourber, puis encore tout ranger… C’était y’a longtemps mais je m’en souviens bien, on étais tous dégoûtés. Ca m’a pas empêché de continuer, ceci dit…